Qu’est-ce que l’ergothérapie et quelle est sa fonction à l’Ehpad la Villa Tohannic ?
L’ergothérapie de manière générale consiste à travailler autour de l’autonomie des résidents, afin que celle-ci soit maintenue au maximum. Cela passe par des activités de rééducation ou par la mise en place d’outils d’adaptation afin que les personnes âgées puissent garder un confort de vie maximal.
À la Villa Tohannic, l’ergothérapeute est en contact permanent avec les résidents et les soignants. Son activité se base autour de trois principaux axes de travail.
Le suivi des résidents, une base solide pour des résultats plus efficaces
- Réalisation d’un bilan d’entrée auprès de chaque senior
Dès la première semaine suivant l’arrivée du résident, Claire évalue son autonomie et sa capacité à la marche et décide en fonction des besoins de préconiser ou non une canne, un déambulateur, ou un fauteuil roulant afin de le faciliter et de le soulager au quotidien.
Si elle recommande un fauteuil roulant par exemple, elle fait ensuite en sorte de veiller au maximum à ce que la personne soit bien positionné afin d’éviter les escarres qui sont très douloureuses. Cela peut passer par la pose de cales au niveau d’un fauteuil, ou encore par l’installation de coussins pour une assise plus confortable.
À ce bilan plutôt centré sur le côté moteur, s’ajoute une évaluation cognitive ce qui permet d’avoir une vue d’ensemble des capacités du résident.
On prend soin de regarder si la personne arrive à tenir une conversation à s’exprimer correctement, à retenir ce qu’on lui dit…
Au quotidien, des points sont réalisés avec les équipes sur l’évolution des résidents.
- Une attention particulière portée sur les ressentis de chacun

Il est primordial de pouvoir se rendre compte des effets que les exercices proposés apportent sur le patient. C’est pour cela qu’un suivi est réalisé lors de chaque atelier proposé. Ce suivi consiste à sonder l’état du patient avant la réalisation de l’exercice, pendant, et après réalisation de l’atelier. Cela permet de voir si cela les détend, les soulage, ou au contraire les stresse ou les angoisse. Ces observations sont ensuite directement reportées sur Netsoins, une application qui permet de gérer les dossiers médicaux de chaque occupant de la résidence. L’avantage est qu’une vue d’ensemble sur le résident est rapidement observable et permet de prendre en compte ses besoins et difficultés pour réagir et réadapter efficacement en cas de besoin.
- Ergothérapeute, un métier de contact et d’échange avec les équipes
Les interventions de l’ergothérapeute se basent en fonction des besoins quotidiens des anciens, la communication avec les professionnels en interne est donc évidente.
Sans leurs retours, il me serait presque impossible d’être informée des problématiques, et je ne serais alors pas apte à intervenir auprès des résidents.
L’échange fluide et régulier au sein du groupe permet de gagner du temps lors des transferts d’informations, et de ne laisser de côté aucune demande particulière. La transmission de début d’après-midi est primordiale, elle permet aux soignants qui commencent leur journée de prendre connaissance du bilan de la matinée. De plus, l’ergothérapeute développe un lien de formatrice avec les professionnels soignants. En effet, elle transmet ses connaissances en apprenant aux aides-soignantes les méthodes pour bien placer les seniors dans leur fauteuil afin d’éviter qu’ils souffrent. Cet apprentissage est nécessaire car ce sont elles qui sont à leur coté durant toute la journée, et qui peuvent porter une attention particulière sur l’assise de l’un ou la marche de l’autre.
Au-delà d’être intéressant, ce type de lien est primordial, car plus les personnes âgées sont à l’aise, mieux elles vont se porter, et moins elles vont perdre en capacités.
Comment êtes-vous devenu ergothérapeute à la Villa Tohannic ?
Claire Maillard est ergothérapeute à plein temps au sein de la Villa Tohannic depuis février 2022. Avant de se consacrer pleinement aux Vannetais, elle exerçait également en parallèle sur la Villa Océane depuis février 2019. Elle a découvert le métier d’ergothérapeute très jeune, durant son stage d’observation de 3ème.
J’ai tout de suite su que je voulais exercer dans ce milieu plus tard et je n’ai jamais lâché cet objectif.
À la suite de l’obtention de son bac S, elle a réalisé une prépa pour le concours d’ergothérapeute. Une fois le concours en poche, elle est arrivée sur le campus de Rennes pour 3 ans, et en est ressortie avec son diplôme d’Etat.
Au cours de ses études, elle a eu l’occasion de réaliser des stages autour de la rééducation, de la psychiatrie et des lieus de vie. Elle a développé plus d’intérêt dans la catégorie lieus de vie, c’est pour cela qu’à la sortie de ses études, elle a travaillé une année avec le pôle d’activités et de soins adaptés (PASA) d’un Ehpad public. Puis, elle est arrivée en Bretagne et a intégré LNA Santé.
Claire apprécie travailler avec les seniors, principalement du fait de la diversité des tâches à réaliser en fonction des différents profils des résidents présents sur l’EHPAD. Les besoins d’intervention peuvent être en lien avec l’orthopédie, le positionnement, la rééducation motrice ou cognitive ou encore l’adaptation à l’environnement. Les interventions peuvent elle aussi se dérouler en séances individuelles ou de groupe. Un des aspects qui l’a poussé à continuer avec cette catégorie d’âge est tourné vers le relationnel avec les résidents qui est unique et chargé d’histoires.
« Le fait qu’ils nous fassent confiance, qu’ils se confient à nous, il s’agit d’un contact privilégié. »
Ce contact est d’ailleurs d’autant plus fort en travaillant dans un lieu de vie étant donné que le suivi se déroule sur une durée plus longue qu’en milieu hospitalier par exemple.
Votre priorité à l’Ehpad Villa Tohannic est de favoriser au maximum l’autonomie des résidents. Comment mettez-vous cela en place ?
L’autonomie du résident perdure en étant stimulée chaque jour, c’est pour cela que les interventions se doivent d’être régulières et variées. Elles sont réalisées plusieurs fois par semaine et mobilisent les facultés cognitives et motrices de chacun.
Organisation d’activités diverses et bénéfiques à tous points de vue
À la Villa Tohannic, la collaboration est le mot d’ordre. C’est pour cela que les ateliers sont souvent réalisés en trio ou en duo. Le point de vue de l’exercice sera différent en fonction de la profession, ce qui le rendra d’autant plus complet et recherché.
Atelier motricité

Les personnes âgées sont les plus à même de chuter facilement et donc de potentiellement se faire mal, c’est pour cela qu’il est important de les sensibiliser à ce type d’incident, et de les aider à éviter au maximum que cela arrive. Un des domaines d’activités de l’ergothérapeute est donc de rétablir ou de maintenir l’équilibre auprès de la personne âgée.
Cela peut passer par la mise en place d’un parcours de marche. Celui-ci se déroule en plusieurs temps forts. Dans un premier lieu, les seniors veillent à s’échauffer, puis s’ensuit un parcours d’équilibre qui varie au cours des semaines. Dans ce parcours, le senior doit passer des obstacles, ramasser des objets, les déplacer, passer sur terrain varié…
La plupart du temps, Claire réalise cet exercice en compagnie de la coordinatrice de projet d’animation, ce qui permet de fluidifier les rotations durant le parcours de marche, ou de soutenir les résidents en cas de besoin.

Courrier souvenir
Atelier réminiscence
En trinôme avec la psychologue et la coordinatrice de projet d’animation, l’ergothérapeute organise un atelier de stimulation cognitive, nommé « l’atelier réminiscence ». Il se base sur le rappel de souvenirs à partir d’une photo ou d’un objet et sur l’expression des émotions qui se dégagent de ces souvenirs. Cet exercice est bénéfique pour la stimulation mémorielle et cognitive, la communication et la valorisation de soi.
Petit-déjeuner thérapeutique
Le psychologue intervient également en duo avec Claire chaque mercredi matin pour proposer un atelier petit déjeuner thérapeutique. Les résidents des unités protégées peuvent venir participer à ce temps de groupe, ou ils sont libres de choisir ce qu’ils souhaitent manger, de se servir en autonomie. Ce temps est également privilégié pour prendre le temps d’échanger avec les résidents.
Cela leur permet de garder une certaine motricité dans les gestes, et de continuer à faire des choix seuls.
En tant qu’ergothérapeute, vous intervenez également sur les résidents atteints de la maladie d’Alzheimer. Quels bienfaits cela peut-il leur apporter ?
Selon l’ergothérapeute, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas à mettre dans des cases particulières. C’est pour cela que lorsqu’elle intervient auprès de ce public ses objectifs sont les mêmes que pour les autres résidents. Elle réalise tout un travail autour de la motricité, du maintien du lien social et de la stimulation motrice et cognitive.
- L’adaptation des consignes et des exercices est le principal facteur évoluant en fonction des capacités des personnes qu’elle a face à elle. Elle se base sur leur niveau de compréhension et de communication, ainsi que sur leurs capacités pratiques. Les ateliers restent les mêmes, ils sont juste simplifiés afin que chacun se sente à l’aise dans leur réalisation.
Pour prendre l’exemple d’un atelier d’équilibre, les obstacles seront moins nombreux et plus accessibles, et la guidance sera plus poussée. L’explication sera elle aussi renforcée et abordée différemment.
- Un accompagnement est également mis en place auprès des troubles du comportement, afin qu’ils puissent être intégrés au sein de l’exercice, tout en étant libre d’exprimer leurs envies.
Si l’un d’entre eux à une envie soudaine de se déplacer dans la pièce, nous n’allons pas l’en empêcher, mais au contraire, nous l’accompagnons afin de l’apaiser et de le faire retourner à l’exercice.


